Ordre du jour : Débat d'orientation budgétaire (DOB)

Madame le Maire,

Chers collègues,

En ce 21 décembre,  à l’occasion du solstice d’hiver et à quelques jours de Noël, nous nous retrouvons non pas pour partager une part de bûche pâtissière mais le débat d’orientations budgétaires. Le goût ne sera pas le même, mais j'espère que la joie et la bonne humeur seront au rendez-vous ce soir, c'est sa l'esprit et la magie de Noël ! Tout d’abord, permettez-moi de remercier les services de la Ville pour la qualité du travail fourni. 

Le DOB comme indiqué a vocation à mettre en avant les choix et priorités budgétaires d’une collectivité et de tracer notamment l’évolution de sa situation financière.

Comme vous le rappelez, le projet de loi de finances 2018 s’inscrit dans une augmentation de la dotation globale de fonctionnement et de la dotation de solidarité urbaine. Il ne s’agit bien sûr nullement d’un cadeau mais de la simple compensation de la suppression confirmée de la taxe d’habitation pour 2018 pour un grand nombre de ménages, même si nous ne pouvons savoir si cette compensation se maintiendra les années suivantes (après 2020). Pour rappel, ces dernières décennies, l’Etat a déjà supprimé de nombreuses recettes à destination des collectivités locales, sans toutefois les compenser alors qu’il s’y était engagé (exemple de la taxe professionnelle).

Nous avions déjà demandé par le passé, au sein même de cette assemblée, de revoir les bases locales d’imposition de la taxe d’habitation à la baisse (qui sont restées inchangées depuis 2012) afin de redonner du pouvoir d’achat aux Montcelliens. Sa suppression totale pour de nombreux ménages – 80% des français -  (décision unilatérale sans réelle concertation des maires et principaux acteurs économiques) n’ira pas dans ce sens puisque la taxe d’habitation représentant l’une des principales ressources financières des communes, ce sont de nombreux investissements locaux qui en pâtiront (reportés ou supprimés) et dans une moindre mesure certains services publics gratuits apportés à la population Montcellienne.

Aujourd’hui, l’impôt local représente en moyenne 60% des recettes d’une commune dont 25% provient de la simple taxe d’habitation. Mais à côté il reste toutefois la taxe foncière (bâti et non bâti) et deux impôts économiques hautement importants pour Montceau les Mines que sont la Cotisation Foncière des Entreprises et la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises.

Effectivement, comme le rappelle la chambre régionale des comptes dans sa présentation de la commune (chiffres de 2016), le poids de l’industrie à Montceau les Mines au sein des effectifs salariés (31%) reste supérieur à celui du département (26%) et celui de la région (23%) en parallèle d’une forte proportion de publics précaires avec un taux de chômage parmi l’un des plus élevé du département (zone d’emploi du Creusot-Montceau). Ce sont donc de nombreux Montcelliens qui restent dépendants de services publics de proximité (services gratuits à la population comme les transports). Vous dites ne pas vouloir « augmenter la tarification des services aux montcelliennes et montcelliens car même si le contexte économique national s’améliore, il reste encore très fragile sur notre territoire ». L’avenir nous dira si vous avez tenu cette promesse.

Au final, la suppression progressive de la taxe d’habitation, si elle n’est pas compensée dans les années à venir) et la fermeture probable de certaines entreprises sur notre bassin d’activité (Société Eolane, SIAP, déménagement à venir de la plateforme logistique Lidl , avenir peu serein de Konecranes…) pourraient conduire à une baisse des recettes locales et à une dégradation probable des services publics à destination de la population Montcellienne. 

A ce titre, vous parlez dans votre présentation du DOB du contexte économique au niveau mondial et national. Nous aurions aimé que vous preniez le temps de rappeler la situation économique de Montceau les Mines au sein du département de Saône et Loire et d’y présenter un véritable plan d’action à destination des entreprises et de lutte contre le chômage endémique que connait toujours notre commune en cette fin d’année 2017. Vous le constatiez vous-même l’année dernière au sein de cette assemblée : 

« Dans un environnement économique instable, la situation du chômage ne s'améliore pas. La création d'entreprises reste un point faible dans l'économie locale ». Qu’avez-vous accompli en un an pour redresser cette situation ? Nous l’avions déjà martelé lors du DOB 2017 : Il nous faut concevoir un véritable budget de soutien au commerce, à l’industrie afin de redresser une situation de l’emploi dégradée et de combattre durablement le déclin de nos commerces de proximité.

Orientation générale / Compte administratif prévisionnel

Pour les orientations budgétaires à venir, nous confirmons qu’il faut effectivement maitriser / continuer à réduire les dépenses de fonctionnement tout en maintenant un investissement conséquent (rénovations écoles, rénovation bâtiments municipaux, maison de santé…). Toutefois la baisse de l’autofinancement brut en 2016 par rapport à 2015 (-37%) et de l’autofinancement net (-48%) (Après notamment remboursement du capital de la dette)  nous oblige logiquement à une surveillance accrue des dépenses de fonctionnement et à maintenir un effort constant pour le désendettement de la ville (via la diminution de l’en-cours de la dette) et à trouver de nouveaux financements et partenaires afin de réduire le recours à l’emprunt pour les années à venir.

« Pour l’exercice 2018, le remboursement du capital de l’annuité de la dette sera de 924 150 euros. Il sera entièrement couvert par le virement de la section de fonctionnement (autofinancement). »

Concernant les dépenses d’investissement, vous nous exposez vos projets et travaux d’investissements. Permettez-moi de revenir plus en détail sur les domaines de la culture et de la jeunesse.

Il y a des actions positives tel que l’été du lac, les weekends aux Grands parcs...

Le skateparc ? On l’attend toujours, les jeunes l’attendent toujours… Devons-nous faire appel à Tony Hawk’s pour qu’il nous fasse un don ? Je me porte volontaire pour le démarcher si vous le souhaitez ! Je vous fais une confidence, pendant des années je jouais à son jeu vidéo sur playstation !

Si l’offre culturelle à Montceau est riche et que nous avons la chance d’avoir des associations et des employés municipaux très compétents dans ce domaine, force est de constater que la Culture à Montceau est assez bouleversée.

Lors du DOB 2017, vous nous évoquiez une étude et programmation de rénovation de l’Embarcadère, notamment l’extension de la salle Bourdelle, à ce jour où en êtes vous ?

La culture, vous en faites un marqueur fort, à juste titre. Mais quid de l’avenir de l’offre cinématographique montcellienne ?L’avenir de l’offre cinématographique montcellienne n’a de cesse de vivre des rebondissements depuis des années. Les « guéguerres » politiciennes entre Montceau-les-Mines et Le Creusot doivent cesser.

Le Bassin Minier en a assez souffert. Preuve en est avec l’offre hospitalière et la guerre ouverte menée des années durant entre nos deux villes pourtant toutes deux dirigées par des élus socialistes mais l’intérêt général fut bafoué au détriment d’égos personnels... Ne réitérons pas les erreurs du passé, travaillons logiquement pour l’avenir de notre ville.

Plutôt que l’avis unique du Maire, demandons directement aux Montcelliennes et Montcelliens. Je suis favorable et je défendrai le recours au référendum local.

Être élu c’est demander les conseils aux professionnels exerçant déjà au cinéma Les Plessis, à Montceau, qui font un travail remarquable depuis des années malgré de rudes conditions.

Etre maire, c’est agir en concertation avec tous. Avec l’objectif qu’est celui de l’intérêt général, de l’intérêt de la ville et de ses concitoyens. Une véritable étude de marché objective et neutre - c’est à dire au-delà de toutes considérations partisanes et politiques - doit être menée, elle sera détaillée et expliquée à nos concitoyens.

Enfin, être un élu responsable, c’est savoir dire « non » lorsqu’un projet ne semble pas positif pour l’attractivité du territoire et les finances locales. C’est savoir dire « oui » quand tous les voyants sont au vert. Comme vous, madame le Maire, je souhaite que notre cinéma soit un point de rassemblement populaire au service de tous et non pas un projet « élitiste » pour une minorité, vouant ce dernier à l’échec.

La démocratie participative ne doit pas être qu’une image, faite la vivre. Il n’est pas compliqué d’organiser un sondage, une consultation au niveau communal d’autant plus avec les outils numériques dont nous disposons à l’ère du tout numérique.

Sur le TSB, pour palier aux carences de fréquentation, nous devons revoir l’organisation. En matière de spectacle, pourquoi ne pas développer un axe sur le théâtre et la comédie ? Faisons venir des humoristes entre deux représentations lors d’un concert ? Nous pourrions peut être touché un public plus large et faire émerger de nouveaux talents ?

Enfin, le Made in Montceau… Nous aurions presque pu, après tout (!) demander à l’ex ministre à la marinière, M. Montebourg d’en faire la promotion.

Cette initiative est louable, elle doit envoyer un signe positif à destination des habitants, des commerçants, des artisans et des entreprises. Cet événement se doit de faire rayonner notre territoire à travers le département, la région et pourquoi pas nationalement.

Le constat économique actuel est morose : un taux de chômage important, une paupérisation de la population. Il est temps d’agir. Bientôt, Montceau ville fantôme ? Nos commerces se meurt, ils survivent et nous devons les soutenir. Nos restaurateurs tirent la sonnette d’alarme. Un des fleurons de notre gastronomie locale « Le France » est obligé de renoncer à son étoile pour sauver son établissement et ses emplois. Un autre restaurateur du centre-ville, passionné, est venu s'installer plein d’espoir à Montceau, il a quitté ses études pour ouvrir son restaurant et nous a confié son désespoir les larmes aux yeux, face au désert que devient Montceau. La gastronomie  de notre Cité se limitera t-elle à la cuisine américaine ? 

Pourtant, des actions simples pourraient être mise en place à travers des événements culturels et populaires dont nos restaurateurs et entrepreneurs seront les moteurs en partenariat avec les associations. 

Je conclurai comme j’ai commencé, en faisant référence à Noël : pour 2018, organisons enfin un vrai marché de Noël. Des forains locaux se sont proposés à M. Gronfier à plusieurs reprises, en vain. Demandons même à Marcel Campion, il a une roue et des chalets disponibles puisque la Maire de Paris a décidé de le virer comme un malpropre des Champs-Elysée. Si vous voulez, mon ami Florian Philippot peut nous mettre en relation avec grand plaisir.

On dit qu’à Noël tout est possible, espérons pour 2018 que la magie de Noêl opère et que nous continuons d’avancer positivement pour Montceau et pour les Montcelliens !

Je vous remercie.

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